Comment arrêter de se comparer aux autres


La comparaison est probablement aussi ancienne que l’être humain. Elle procède de l’activation des neurones miroirs qui assurent l’identification à autrui. C’est à travers ce processus identificatoire, en lien avec l’imitation, que le petit enfant va construire sa propre image de soi. Mais si elle joue un rôle clef dans la construction de la personnalité, elle peut aussi devenir un poison si elle est employée à écraser l’autre ou au contraire à se dénigrer. Son mauvais usage, le transforme en un puissant outil de sabotage de l’estime de soi et de votre leadership. Voilà pourquoi il est important d’employer la comparaison à bon escient.


Pourquoi se compare-t-on ?

Avez-vous l’habitude de vous comparer aux autres ou de rechercher leur approbation ? Trouvez-vous les autres plus beaux, plus drôles, plus intéressants ? Par comparaison, vous trouvez-vous maladroit, peu séduisant, transparent ou même nul ? Ou au contraire, jugez-vous les autres austères, pas à la hauteur, indignes de vous fréquenter ? Si c’est le cas, alors c’est que votre vie est dirigée par le syndrome de la comparaison qui peu se transformer en obstacle pour progresser de façon autonome dans la vie.

Pourtant, la comparaison n’est pas en soi quelque chose de négatif.

Même, si selon l’expression consacrée : « comparaison n’est pas raison », elle n’en demeure pas moins un instrument de progression fort utile à la performance, par exemple dans les activités sportives. C’est en comparant ses résultats avec ceux des autres compétiteurs qu’un sportif peut ajuster, optimiser et améliorer sa prestation. C’est aussi un remarquable instrument de progression que comparer son geste technique avec celui d’un partenaire ou d’un enseignant. Cela non seulement dans le sport, mais plus généralement dans tous les domaines requérant une technicité particulière.

Tant qu’elle favorise la progression, la comparaison représente une bénédiction pour l’estime de soi. Elle offre la possibilité de s’améliorer et donc d’avoir un impact positif sur soi.

Mais ce n’est pas toujours dans cette perspective qu’elle est employée au quotidien. Les cabinets de thérapeutes sont pleins de patients souffrant de complexes d’infériorité. Qu’ils soient de nature physique, psychique ou sociale.

Telle partie du corps n’est pas assez développée, telle autre l’est trop, telle personne se trouve moins intelligente que « la moyenne ». Peut-être vous-même avez-vous le sentiment d’être moins fait pour réussir que les autres…

Toutes ces plaintes, tous ces complexes, sont le résultat d’un penchant à ne pas trouver chez soi ce que l’on envie ailleurs. Pour arrêter de se comparer aux autres, il est important de commencer par prendre conscience de son caractère nocif.

Une fonction clef dans l’apprentissage

Cette tendance à se comparer aux autres commence très tôt chez le petit enfant. La construction de son image passe d’abord par celle qu’il perçoit des autres. Chaque rencontre peut prendre une dimension identificatoire. Avec les adultes bien sûr, mais aussi avec les autres enfants. C’est pourquoi, très jeune, vous passiez tout ce temps à observer pour reproduire, imiter. Une dimension essentielle de l’apprentissage.

Et la comparaison de ce que l’on est commence souvent par la comparaison de ce que l’on a.

Alors que son image reste encore floue, le petit enfant n’a pas encore le sentiment de sa valeur. Ce qui en a, c’est tout ce qui gravite autour de lui. Ses parents bien sûr, mais aussi son foyer, ses jouets, ses camarades… Sa construction passe par l’imitation, puis vient la comparaison.

Tandis qu’il commence à s’ennuyer d’un jouet, il va remarquer un autre enfant pleinement absorbé par un jouet différent.

Celui-ci va devenir objet de désir.

Commence un alors un jeu de projections qui lui font s’imaginer que si ce jouet captive autant son camarade, c’est qu’il a un intérêt bien supérieur au sien. Ce n’est qu’une fois qu’il l’aura acquis qu’il se rendra compte qu’il a été victime de son imagination. Surtout si le dit jouet s’avère moins captivant que prévu,

Ce qui suscitait son désir, c’était moins le jouet lui-même que l’intérêt que lui portait l’autre enfant. Il ne s’était pas rendu compte que cet attrait se trouvait moins dans l’objet lui-même que dans la relation entre celui-ci et son camarade. N’étant pas en mesure de retisser ce même lien, l’objet perd alors l’essentiel de ce qui avait fait son charme. Le désir s’est dissipé.

Toute ressemblance avec les comportements de certains adultes ne saurait être que fortuite…

Pourquoi arrêter de se comparer ?

Une fois devenu adulte, l’enfant qui est toujours présent en lui continue de rechercher à l’extérieur tout ce qui pourrait lui donner de la valeur. C’est ainsi qu’il convoite les objets qui semblent en communiquer à ceux qui les détiennent. Ce n’est plus le jouet de l’autre qu’on recherche, mais on veut le job de l’autre, le salaire de l’autre, le partenaire de l’autre, la voiture de l’autre, des enfants qui fassent de meilleures études que ceux des autres, un écran TV dernière génération, même si cela a peu d’intérêt pour ce qu’il y a à regarder. Tant qu’on peut en vanter les qualités aux invités…

Et lorsqu’il ne peut pas acquérir ce qui est devenu objet de désir, alors la comparaison entre ce que possède l’autre et ce que lui n’obtient pas tourne à la frustration. Et ce phénomène ne se limite pas aux objets matériels. Il s’agit aussi de compétences, de qualités psychiques, voire même de désirs spirituels (je ne suis pas aussi croyant, je n’ai pas cette hauteur d’âme…).

La comparaison devient alors l’occasion d’attribuer aux autres des qualités souvent imaginaires et de se minimiser soi-même, voire de se dénigrer. De quoi impacter négativement l’estime que l’on se porte. Et quand on ne s’estime pas ou peu on trouve encore moins de raisons de s’aimer. Sans estime de soi et sans amour de soi, il est très rare de nourrir une vraie confiance en soi.

L’autre usage dysfonctionnel de la comparaison consiste au contraire à se surévaluer et à rabaisser les autres. Ce complexe de supériorité est une manière artificielle de gonfler son estime de soi. Il conduit à nouveau à se définir par rapport à l’extérieur.


« Ne se sentir heureux que par comparaison, c’est se condamner à n’être jamais vraiment heureux, car il faut toujours se démener pour rejoindre ou pour dépasser quelqu’un »

— Gustav Thibon

Un instrument dédié à la performance

Ce n’est donc pas la comparaison en soi qui est en cause, mais ce sur quoi vous la faites porter.

Lorsque la comparaison n’a pas pour fonction l’optimisation d’une performance ou l’amélioration d’un apprentissage, mais qu’elle est utilisée comme tentative de se définir par rapport à l’extérieur, elle témoigne d’une difficulté liée à l’expression de l’estime de soi. Elle peut devenir source de frustration, de ressentiment, de mépris ou de jalousie. Bref, des émotions énergétiquement très basses.

Votre valeur est définie relativement à l’autre qu’il soit considéré comme supérieur ou comme inférieur.

Rappelons qu’une estime de soi bien alignée doit procéder d’une juste évaluation de vos capacités et de vos ressources internes. La véritable estime de soi est la conscience de votre valeur personnelle, de vos forces et de vos faiblesses sans qu’il soit utile de les mesurer à celles des autres. C’est un point de départ essentiel pour vous permettre d’affirmer votre leadership.

Quand la comparaison devient inspiration…

La question à se poser lorsque vous vous fixez un objectif : préférez-vous renoncer parce qu’à force de comparaison vous avez anéanti toute votre énergie en sabotant consciencieusement l’image que vous aviez de vous-même ? Parce que vous avez renoncé à être vous-même en cherchant à devenir l’inatteignable figure de l’autre ?

Vous ne serez jamais capable d’être l’autre pour une raison simple : ce n’est pas vous.

Ou est-ce que la figure que vous admirez vous inspire tellement qu’elle vous donne envie d’être pleinement vous-même, à votre façon, et non en singeant vainement l’image de votre idole ? Auquel cas vous éprouverez des sentiments de gratitude pour la personne qui vous inspire et de bienveillance pour vous. De quoi vous maintenir dans des énergies hautes.

S’il est utile d’arrêter de se comparer, ne cessez jamais de vous laisser inspirer. Tant que cette inspiration vous permet de livrer le meilleur de vous-même.

Les 3 secrets pour arrêter de se comparer négativement

Arrêtez d’idéaliser les autres

Prenez conscience que lorsque vous regardez les autres, vous ne voyez d’eux que la partie que votre cerveau a choisi de sélectionner en mettant de côté d’autres aspects. Cela fausse nécessairement votre jugement qui devient partial et partiel. Trop souvent, nous projetons à l’extérieur ce que nous aimerions voir chez nous.

Arrêtez de vous juger

En clair, fichez vous la paix. Le besoin permanent de se juger soi-même qui ouvre la porte à la comparaison témoigne d’un manque d’estime de soi. Quelqu’un qui se donne suffisamment de valeur n’éprouve pas le besoin de s’évaluer systématiquement en se mettant en concurrence. Pour augmenter votre estime, cessez d’essayer de décortiquer les autres et prenez le temps de vous attarder sur tout ce qui est génial en vous.

Arrêter de vous servir des autres comme miroir

« Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle… » Qu’il s’agisse de ce que l’on est ou de ce que l’on possède, l’habitude d’évaluer des choses à partir de l’image que nous renvoie l’extérieur est permanente. D’où cette manie de montrer nos nouvelles acquisitions. Sous le prétexte de communiquer une information, nous piaffons d’impatience de savoir comment notre interlocuteur réagira. Si son non-verbal semble exprimer un peu de jalousie, notre Ego est immédiatement satisfait. A contrario, il suffit d’un jugement dépréciatif d’autrui sur l’une de nos acquisitions pour qu’elle perde immédiatement de la valeur à nos yeux.

Lorsque l’on se trouve sur son chemin de vie, il n’ y a plus lieu de mésuser de la comparaison. Si vous souhaitez prendre la bonne route vous avez la possibilité de réserver un appel pour faire le point.

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