Développer son assertivité avec un « non »


S’il est un conditionnement bien ancré depuis l’enfance, c’est qu’il ne faut pas dire non à ses parents, car leur demande est supposée aller toujours dans le sens du bien-être de l’enfant. D’ailleurs, dire non n’est-il pas le signe d’un caractère négatif, incapable de poser un grand oui face aux miracles de la vie ? Une compréhension naïve de la psychologie positive nous enjoint d’être vigilant aux mots que l’on prononce et de répéter à longueur de journée des affirmations positives pour « se porter de mieux en mieux ». Et pourtant, savoir dire non est l’une des qualités des personnalités charismatiques. Une respiration salutaire pour sortir de la tyrannie du oui. Pour développer votre assertivité et prendre votre vraie place, découvrez l’art subtil de vous affirmer avec un non !


Des oui plus subis qu’engagés

Maryse a 45 ans.

Cadre dans une grande société, elle semble aussi épanouie dans sa vie professionnelle que familiale.
Avec son mari, elle élève deux garçons de 13 et 17 ans.

Au travail, on la considère comme exemplaire.

Au sein du foyer, elle devient l’organisatrice qui permet à la cellule familiale de tourner sans accrocs.

C’est donc quelqu’un qui sait prendre des responsabilités que le cadre soit personnel ou professionnel.

Vu de l’extérieur, le grand théâtre de sa vie donne l’impression d’une véritable réussite. Pourtant, Maryse porte en elle une souffrance qu’elle n’a jamais exprimée à personne. Ni ses collègues, ni son mari, ni ses enfants n’en soupçonnent l’existence.

Personne ne voit ce qui se joue sur sa scène intérieure.

Maryse ne parvient pas à dire non, même lorsque son intuition lui commande de s’affirmer. Et cela n’est pas nouveau. Elle souffre d’un manque d’assertivité.

« Fais plaisir »

Dès son plus jeune âge, elle a ressenti l’importance de ne pas s’opposer aux demandes de ses parents. Sa façon à elle de garder leur amour et leur attention. Un désir insatiable de leur « faire plaisir », d’être une « gentille fille ».

Mais voilà, cette habitude a ensuite largement conditionné sa vie d’adulte. Et si cette habitude s’est construite autour d’une blessure de rejet : c’est le combo !
Qu’il s’agisse de ne pas contrarier son supérieur hiérarchique, même lorsque la demande paraît absurde, de ne pas froisser l’être aimé, même si ce n’est pas en accord avec nos principes, de ne pas frustrer ses enfants, de conserver des amitiés ou encore des clients, dans toutes ces circonstances son pouvoir de dire non s’est retrouvé régulièrement challengé.

La souffrance de Maryse tient à ce qui n’est pas aligné chez elle. Comment mener une vie épanouie quand un driver nous rappelle l’obligation de dire oui alors que notre intuition nous incite à dire non ?

Cette situation induit chez Maryse deux types de conséquences. Sur le plan physique, c’est d’abord sentir les battements du cœur qui accélèrent, puis une tension diffuse qui déclenche une transpiration excessive par endroit. Enfin de la nervosité qui cause des geste décousus et, dans les phases les plus stressantes, des tremblements qu’elle peine à dissimuler.

Psychologiquement, elle éprouve dans ces moments de la peine à mobiliser ses idées ou à rester concentrée sur un projet. Dans certains cas, le fait d’anticiper la situation la conduit à mettre en place des comportements d’évitement.

Le meilleur moyen de ne pas avoir à dire non, devient pour elle, quand cela est possible, d’éviter de se retrouver dans ces situations.

Bref, une stratégie de fuite qui ne lui permet pas d’envisager de développer son assertivité.

En outre, cela contribue gravement à détériorer la valeur de son image de soi et de l’estime qu’elle se porte.

De fait, cette incapacité à s’affirmer s’est d’abord transformée en regrets, puis en une forme d’auto-détestation : d’accepter ce qu’elle ne veut pas, de ne pas pleinement contrôler sa vie.

Non seulement elle craint de devoir affronter le regard des autres, mais elle souffre aussi de se trouver « aussi bête ».

L’art subtil de poser ses limites pour développer son assertivité

Faire plaisir, ne pas décevoir… Ces injonctions devenus de véritables drivers prennent parfois le contrôle de notre vie. Cette contrainte de plaire à tout prix n’est-elle pas qu’une autre version de la servitude volontaire ? A chercher à faire plaisir au prix de s’ignorer soi-même, fait-on vraiment plaisir ?

À toujours répondre positivement aux injonctions de l’extérieur, quelle place nous laissons-nous ? Et qu’en est-il de notre leadership ?

Pour Maryse comme pour tant d’autres, entre l’injonction de se montrer serviable et celle de poser ses limites, c’est un vrai conflit de valeurs qui se joue.

L’art de dire non, même s’il est délicat à mettre en œuvre, nous permet de poser nos limites. À condition de savoir le faire avec tact. Car il y a mille et une façon de dire non, sans même avoir à prononcer de façon abrupte le mot fatidique.

Le temps passé à faire ce qui est utile aux autres peut devenir un facteur de dispersion. Il ne permet pas de rester focus sur ses propres objectifs. Reprendre le contrôle passe par un apprentissage.

Oui ! Poser ses limites s’apprend. Surtout lorsque le cerveau a été programmé pour ne jamais refuser. Cela fait partie de ce que nous appelons le re-engineering cérébral.

Et la première des leçons consiste à prendre conscience que dire non ne signifie pas être négatif. Par exemple, un non peut être l’occasion de proposer à l’autre une solution plus écologique pour lui.

Ce jour là, vous gagnez en charisme et c’est aussi le premier pas vers le développement de votre leadership. Car non seulement vous poser vos limites, mais vous devenez vecteur de solutions. Ce qui est une autre bonne façon de développer son assertivité.


« La différence entre les gens qui réussissent et ceux qui réussissent vraiment, c’est que les gens qui réussissent vraiment disent non à presque tout. »

— Warren Buffet

Le non, cette merveilleuse façon de vous affirmer

C’est pourquoi apprendre à dire non sans ressentir de culpabilité est essentiel. Être à l’écoute de ses besoins, notamment celui de s’épanouir n’a rien à voir avec de l’égoïsme. Ce n’est pas non plus incarner le rôle du méchant, même si c’est l’image qu’on peut chercher à vous renvoyer.

L’idée n’est pas de dire non à tout. Mais plutôt de faire la part des choses entre ce que vous jugez acceptable et ce qui ne vous convient pas.

Ce qui compte, c’est de laisser le moins de place au doute dans votre esprit quant à ce que vous jugez acceptable ou pas. C’est ainsi que commence l’assertivité.

Un premier pas salutaire qui permet de sortir d’une zone d’inconfort installée par l’habitude et qui rendait votre oui quasi-automatique.

Une fois que les choses sont plus claires, il vous sera plus facile d’exprimer ce que vous souhaitez réellement. En apprenant à répondre par la négative vous vous libérez de la plus importante des contraintes : celle que vous vous imposiez à vous-même. Gagnez en assurance est le prérequis pour développer son assertivité.

Le second pas consiste à vous demander quels sont les vrais risques à dire non. Pas ceux que vous imaginez dans votre dialogue interne et vos pensées automatiques.

Par exemple, Maryse imaginait que dire non dans certains cas c’était prendre le risque de ne plus être aimée. La question qu’elle a été amenée à se poser consistait à déterminer si les personnes qui l’aimaient pour son habitude de ne rien refuser lui témoignait par là vraiment de l’amour. Elle s’est ainsi rendu compte que ce qu’elle prenait pour de l’amour n’en était en réalité pas.

Enfin, s’il existe bien des façons de marquer un refus, ne cherchez pas à louvoyer en essayant de trouver des excuses à votre non. Si vous avez de bonnes raisons de ne pas faire quelque chose, vous pouvez y mettre des formes et de la subtilité, mais soyez clair sur les motifs. Un prétexte, bredouillé ou pas, est toujours un mensonge. Et cela ne contribuera pas au rayonnement de l’image que vous donnez de vous-même.

Ce faisant, vous allez libérer l’énergie qui restait bloquée pour faire ce qui vous tient vraiment à cœur.

Vous donnez aussi l’occasion à l’autre de faire preuve d’ingéniosité pour mettre en place des solutions alternatives.

Assertivité, l’art d’être pleinement soi-même

Lorsqu’après un travail sur l’image qu’elle avait d’elle-même et sur la signification profonde de ce besoin d’amour, Maryse a commencé à poser ses limites en ne répondant pas automatiquement oui aux demandes extérieures, quelque chose d’étrange s’est produit. Elle a pris toute la mesure de ce que s’affirmer avec un non signifiait. « Assertivité et leadership n’étaient jusqu’à présent que des mots que je ne pensais pas incarner un jour. Maintenant ce sont des réalités vécues à faire grandir », tient-elle à préciser. « Derrière ce besoin d’amour, il y avait en réalité un besoin de reconnaissance qui est mille fois plus satisfait depuis que je m’affirme », ajoute-t-elle.

Au-delà de ses ressentis personnels, c’est tout son univers qui s’est transformé, jusqu’à son rapport avec les autres.

En effet, le regard qu’ils portaient sur elle a changé. Mais pas du tout dans le sens qu’elle pouvait craindre.

Au lieu de ne représenter qu’une machine à dire oui pour autrui, elle est devenue quelqu’un dont le regard compte beaucoup désormais. Depuis, elle se sent davantage prise en considération, tant dans sa vie personnelle que profesionnelle. Si bien qu’on sollicite plus régulièrement son avis. Son entourage lui envie une confiance qu’il ne lui connaissait pas jusqu’alors.

Si vous pensiez que vous affirmer allait vous retirer l’approbation des autres… C’est exactement le contraire qui se produit.

Parfois, Maryse va jusqu’à assimiler cette assertivité à une nouvelle naissance.

« Le plus important ce n’est pas de poser mes limites avec mes enfants, c’est de leur montrer qu’eux aussi doivent savoir se faire respecter », conclut-elle.

Quant aux personnes qui n’ont pas compris ce changement d’attitude, qui se sont retrouvées mal à l’aise face à quelqu’un qui avait soudainement développé son assertivité, elles sont progressivement sorties de sa vie. Une sélection tout à fait naturelle en somme.

Si vous aussi vous avez envie de changer ce que vous ne souhaitez plus voir dans votre vie, réservez un appel. Ce sera pour vous l’occasion de faire le point

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