Faut-il s’inquiéter du « quiet quitting » ?


Une nouvelle pratique visant à ne faire que le strict minimum au travail, popularisée sur les réseaux sociaux, prend son essor dans les entreprises. Qu’ils soient inquiets ou non face au « quiet quitting », c’est désormais aux acteurs de l’entreprise de trouver les bonnes réponses.


La démission silencieuse

Alors que le marché du travail a été secoué ces derniers mois par une vague de démissions post pandémie, un nouveau phénomène fait son apparition dans les entreprises. Popularisé par le réseau social TikTok en juillet 2022, de plus en plus de salariés s’adonneraient au «quiet quitting». Autrement appelé «démission silencieuse», cette pratique consiste à ne faire que le strict minimum au travail.

L’idée est de respecter scrupuleusement les horaires et de ne plus répondre aux sollicitations professionnelles en dehors des heures de travail. Le refus de prendre de nouvelles responsabilité ou des missions supplémentaires fait également partie de la panoplie du «quiet quitter». Bref, l’objectif est de s’investir le moins possible dans l’entreprise, d’en faire le minimum, pour se préserver de la pression de la hiérarchie et éviter le burn-out.

Perte de sens et nouveaux repères

Le discours philosophique sous-jacent invite les salariés à ne pas mettre leur travail et leur entreprise au centre de leur vie. Cela, afin de préserver leur santé mentale. Problèmes de motivation, perte de sens, surcharge de tâches ou de responsabilités, autant de risques psycho-sociaux dont ce mouvement est le symptôme.
Une tendance qui fait suite à la crise sanitaire et à ses confinements. En effet, le rapport des salariés au travail s’est profondément modifié depuis.

Le télétravail, d’abord imposé, a favorisé la mise en place de nouveaux rythmes. Et par conséquent un nouvel équilibre entre vie professionnelle et vie privée. L’entreprise fait de moins en moins rêver. En effet, elle n’est plus en mesure de répondre aux nouvelles attentes des salariés. Le bien-être au travail est désormais une priorité pour les jeunes générations. Elles refusent de plus en plus de rester affectées à des tâches répétitives. Surtout lorsque les emplois sont dénués de réelles opportunités d’évolution. Une tendance plus marquée dans les secteurs en tension. Parmi les revendications qui reviennent régulièrement, la possibilité de travailler en distanciel devient un leitmotiv. De fait, selon une étude récente, plus de la moitié des 18-24 ans seraient prêts à démissionner si leur travail nécessitait une présence au bureau à 100 %.
Face à cette nouvelle forme de revendications, les entreprises ne peuvent rester indifférentes. Désormais, la balle est dans leur camps. Surtout si elles souhaitent conserver leur attractivité. Notamment en parvenant à redonner du sens au travail qu’elles proposent, ainsi que de réelles perspectives d’avenir en guise de valeur ajoutée.

Laisser un commentaire